catherine millet em “jour de souffrance”
ALCOVA, FILOSOFIA E INFERNO
A turma do Nouvel Obs sempre teve um grande interesse pela filosofia e... pelo "ar do tempo". Depois de ter escandalizado o que resta de existencialistas púdicos com uma grende foto do rabo da Beauvoir (conta Art Shay, o autor da foto, que " je me trouvais là, photographe stagiaire de Life Magazine (initialement embaucher pour porter les sacs et rédiger les légendes), quand j'ai vu Beauvoir émerger du bain et se coiffer devant le miroir. J'ai pris rapidement deux ou trois clichés et elle a entendu le déclic. "Vous êtes un vilain garçon", a-t-elle dit, mais sans pour autant fermer la porte ni me demander d'arrêter de prendre des photos…") e de ter numa outra capa misturado "os filósofos e as mulheres", o Nouvel Obs. descobriu estes dias que "la jalousie, c'est l'enfer" (coisa que, perdoem a falta de modéstia, sempre me pareceu óbvia e me evitou frequentar tais domínios...). Há já umas décadas, um filósofo que partilhava a vida da Beauvoir em Paris escrevia que “l’enfer c’est les autres”... Escrever “la jalousie c’est l’enfer’ é continuar a dizer o mesmo. Numa variante muito específica. E, claro, viver “Jour de souffrance”.
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"La gerbe de la semaine : cette couverture du Nouvel Obs. "les philosophes et les femmes : Platon, Rousseau, Kierkegaard, Nietzsche, Hannah Arendt, Michel Onfray" et une photo de femme à poil."
E este escândalo de "jalousie" chega, claro, pela mão perita de Catherine Millet, a de «la Vie sexuelle de Catherine M.».
“
Les femmes, leurs maris, leurs amants
Sept ans après «la Vie sexuelle de Catherine M.», qui fut un succès mondial, la romancière raconte, dans «Jour de souffrance», comment la jalousie est entrée dans son couple. Elle explique à Jérôme Garcin la genèse de ce beau livre qui paraîtra le 27 août...Sept ans après...
Elle, jalouse? On ne s'y attendait pas. Catherine Millet, telle qu'en elle-même la légende l'épouse, semblait si peu possessive, si généreuse de son propre corps, si prompte à s'offrir à qui pouvait lui donner du plaisir, qu'on ne l'imaginait guère en tigresse sortant les griffes pour empêcher de jeunes rivales d'approcher son mari.
Il faut se rappeler en effet l'incroyable séisme que provoqua, en 2001, «la Vie sexuelle de Catherine M.» (Seuil), vendu dans le monde à plus de 1,2 million d'exemplaires. Une femme d'une cinquantaine d'années, par ailleurs directrice de la revue «Art Press», commissaire d'exposition, spécialiste de Salvador Dalí et d'Yves Klein, y écrivait: «J'ai partouzé dans les semaines qui ont suivi ma défloration» et ajoutait : «On m'attrape et on me tourne en tout sens comme on veut.» Sur un ton volontairement neutre et laconique, elle racontait comment elle se livrait «à un nombre incalculable de mains et de verges», «baisait par-delà toute répugnance», se faisait prendre par des hommes anonymes dans les parkings souterrains, les stades à ciel ouvert, les bois de la capitale, les cabines des semi-remorques, les camionnettes de la Ville de Paris, les cimetières, les gares, les placards des salles d'exposition et jusqu'aux bureaux d'«Art Press». Et pourtant, cette même femme avait - et a toujours - un amour, une passion fixe, l'écrivain Jacques Henric, rencontré lorsqu'elle avait 24 ans, et lui-même auteur de «Légendes de Catherine M.» (Denoël). Si elle tenait ses propres et machinales pratiques sexuelles pour anecdotiques, elle élevait au contraire son couple à la hauteur d'un absolu. Indifférente à l'hygiène, aux préjugés et plus encore aux sentiments, elle laissait les hommes de passage disposer de son corps, jugeant qu'il n'engageait pas sa personne, mais réservait à son mari, dont elle avait fait «un mythe», le corps exclusif de l'amour.
Alors, le jour où Catherine Millet découvrit que, de son côté, Jacques Henric ne se privait pas d'avoir des aventures, elle s'écroula. «Jour de souffrance» est le récit méthodique de cette jalousie qui naît presque par hasard, croît à la vitesse d'une herbe folle, envahit l'espace vital, prospère, étouffe, détruit, et ne rend jamais les armes. Tant il est vrai, comme le pensait Montaigne, que, «de toutes les maladies de l'esprit, la jalousie est celle à qui le plus de choses servent d'aliment et le moins de choses, de remède». A mesure qu'elle fouille dans les papiers de son mari, contrôle ses allées et venues, progresse dans son enquête, Catherine Millet décrit, de manière clinique, l'accélération vertigineuse de son rythme cardiaque, sa difficulté à respirer, ses crises d'angoisse, de rage, de larmes, ses cauchemars récurrents, les fantasmes que sa méfiance fabrique heure après heure («Je ne rêvais plus ma vie sexuelle, je rêvais celle de Jacques»), l'étendue de son désarroi, les anxiolytiques qu'elle ingurgite en vain, les conflits de plus en plus ouverts avec celui qu'elle suspecte «d'infatigables priapées avec d'autres femmes». Et, pour tenter de raisonner sa douleur, elle cherche dans son enfance, son passé, sa vie, la source obscure de son mal, l'explication de sa disposition naturelle à imaginer le meilleur comme le pire. L'origine du monde.
Sept ans après...
La jalousie, c'est l'enfer
Extraits de "Jour de souffrance"
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