SINÉ S'EN VA... OU O TRISTE FIM DE "CHARLIE HEBDO"
Era Paris dos anos setenta (inícios), Léo Ferré gritava com música "je suis un chien" (coisa que lhe foi passando "avec le temps"), o Prof. Choron dissertava sobre as provas da existência de Deus a partir da posição do fio de um 'tampax' em determinada circunstância inesperada, Bizot andava às voltas com o seu projecto 'Actuel' e os "il faut voir..." mais uns copos numa esplanada simpática com a Catherine Deneuve, Yves Montand ainda passava pela 'Chope', o PC rendia-se à Union de la Gauche de Mitterrand, J.P. Manchette recomeçava o policial negro e o 'Hara Kiri'... acabava por ordem dos tribunais. E este "journal bête & méchant" recomeçava como "Charlie"... Os tempos foram mudando, o "Charlie" teve vida atribulada, fechou, reapareceu mas nunca se tomou muito a sério... Nunca? Nunca, não. Está a tomar-se agora e a viver uma situação que parece uma daquelas estórias que o prof. Choron inventava no "Hara Kiri". Triste destino este de se tornar uma caricatura dos seus "cartoons".... E atirar-se como gato a bofe a um velho cartoonista com décadas de "Charlie" e sacrificar no altar do 'politicamente correcto' um velho de oitenta anos, a quem ousa exigir que peça desculpa ao filho de Sarkozy e mais não sei quem... "Antes cortar os tomates", responde-lhe Siné, o despedido.
A manobra tosca do patrão do Charlie tornou-se, entretanto, o grande 'affaire' da 'saison', em Paris e não deixa lá muito bem nem Sarkozy, nem os "judeus", nem o "anti-semitismo" (até o sketch de Desproges, "On me dit que des juifs..." foi desenterrado), nem a liberdade de imprensa e avacalha definitivamente o 'Charlie'.
Panorama geral:
Plantu se paye Val qui s'est payé Siné

C'est l'affaire qui fait couler des hectolitres d'encre et de bile, ces jours-ci: Philippe Val, le patron de Charlie (dont j'aime assez la posture, je rappelle pour ceux qui ne suivent pas), a viré Siné, dessinateur historique du même journal, pour des propos tenus par le second dans une de ses tribunes et qualifiés par le premier d'antisémites.
Tout a été dit ou presque sur la question, le meilleur (par Philippe Cohen, sur Marianne2, qui rappelle opportunément, comme en atteste le dessin ci-à gauche, que Charlie n'a pas toujours eu ces pudeurs, mais aussi que Siné est un habitué des dérapages non contrôlés et peu défendables) et le pire (par Bedos, notamment, qu'on a connu plus inspiré, ou Jacques-Marie Bourget, un ami de mon ami Fontenelle, probablement, qui mélange tout avec l'habileté et la mauvaise foi du maître-saucier).
Dans le camp d'en face, BHL y est évidemment allé d'un petit billet bien troussé et arrosant large, on n'a pas tous les jours des occasions comme celles-ci de règler ses comptes ailleurs qu'en dernière page du Point.
Philippe Val, directeur de publication de ‘Charlie Hebdo’, qualifie d'antisémite un article publié dans son propre journal. Entre autres joyeusetés…
Hara-Kiri, ancêtre de Charlie... le bon vieux temps ?
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A lire Charlie hebdo, comme ça, avec les petits dessins rigolos et les vannes à toutes les pages, on se dit que c'est un journal où ils doivent bien se marrer. Pourtant, il suffisait, paraît-il, d'assister à la conférence de rédaction de jeudi dernier pour comprendre que… pas du tout. Ambiance pourrie, cafés tièdes et réparties qui tombent à l'eau. Explication : deux jours avant, Claude Askolovitch, journaliste au Nouvel Obs, dénonce sur RTL « un article antisémite dans un journal qui ne l'est pas ». Il fait référence à la chronique du dessinateur Siné, « vétéran » de l'hebdo satirique. A l'antenne, il explique que Philippe Val, directeur de publication de Charlie Hebdo, « insoupçonnable d'antisémitisme » et même « considéré par certains comme philosémite », fera, dans le prochain numéro, «un éditorial pour expliquer que Siné est une ordure».
Quand Charlie fait son auto-procès
Jeudi donc, gros malaise à la rédaction de Charlie. Finie la joyeuse impertinence et la belle unité du procès des caricatures, on oscille entre murmures réprobateurs et embarras. « Siné a peut-être été un peu trop loin… », reconnaît, off, un dessinateur. « Le problème, c'est qu'on est obligés de se protéger, concède un autre. Le texte de Siné n'est pas défendable devant un tribunal… » Pour Charb, autre figure charliesque, « il est évident que Siné n'est pas antisémite, mais son texte peut être mal interprété ». Le tronçon qui fait débat est assez court, nous le reproduisons ici :
« Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général de l'UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le Parquet a même demandé sa relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n'est pas tout : il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d'épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit ! »
Philippe Val explique que, comme Siné le dézingue dans la première partie de cette chronique (ce qui est tout à fait exact, les deux hommes étant en conflit depuis de nombreuses années), il n'avait pas lu ce passage avant sa publication. Mais il attend des « excuses » de la part du dessinateur pour un article qu'il juge clairement « antisémite ». Et il promet qu'un « communiqué signé de toute la rédaction paraîtra la semaine prochaine » pour remettre les pendules à l'heure. Charlie qui présente ses excuses dans ce cadre, ça fait bizarre. Et pour cause, c'est une première. L'ex-journal « bête et méchant » serait-il en train de devenir « intelligent et respectable » ? De fait, le texte de Siné est plus qu'ambigu. A le lire, on peut comprendre que pour aller loin dans la vie, il vaut mieux être juif...
Hara-kiri général
Mais évidemment, Siné, 80 ans de provoc' au compteur, trouve « tout ça complètement con » : « Si Jean Sarkozy se convertissait à l'islam pour épouser la fille d'un émir ou à l'hindouisme pour épouser une fille de maharadja, je l'aurais écrit aussi. Quant à faire des excuses à Sarkozy et à Darty, autant me couper les couilles tout de suite. » A propos de couilles, il estime d'ailleurs qu'à Charlie, on en manque sérieusement et que ses confrères sont des « lâches » qui ploient devant Val, patron despotique. Pouêt, pouêt, qu'est-ce qu'on se marre...
Pour continuer dans la franche rigolade, Siné contre-attaque en accusant Val d'avoir allumé un contre-feu pour se débarrasser d'une autre polémique qui enflamme la rédaction en ce début d'été. Dans un précédent édito, le directeur de publication a en effet pris fait et cause pour Richard Malka, avocat de Charlie Hebdo et de Clearstream, contre Denis Robert, le journaliste indépendant qui s'est attaqué au grand groupe financier luxembourgeois. Plusieurs piliers du journal, Cavanna, Michel Polac et Siné, ont alors désavoué Val dans leurs chroniques. Et comme si ça ne suffisait pas, on vient d'apprendre que Patrick Pelloux, chroniqueur et syndicaliste hospitalier, menace de démissionner parce que Michel Polac l'a attaqué dans les pages de Charlie au sujet d'un article sur le cancer. Patrick Pelloux a réagi en envoyant un texto à ses copains de la rédaction, ainsi libellé : « Amis, suite à l'article de Polac de cette semaine je vais suivre son conseil et je quitte le journal pour rester aux urgences. » Décidément... Si ça continue, bientôt, on se poilera autant à Charlie qu'au Figaro. Pourvu que la ressemblance s'arrête là.
Voir la suite : Charlie hebdo zappe Siné »
Charlie, Siné, Val, grosse fatigue...
Retour sur une tempête médiatique dans un verre d'eau satirique. Marianne2.fr vous propose de voter sur le politiquement correct.

Une vieille couverture de Charlie exhumée par les dessinateurs solidaires de Siné
L'affaire Siné a pris d'incroyables proportions. L'article publié sur Rue89 jeudi 17 juillet a été vu par plus de 65 000 internautes. Les trois articles publiés par Marianne2 sur le sujet (1), qui ont provoqué plus de 100 000 visites, ont suscité plus d'un millier de commentaires. La plainte de Siné contre le journaliste Claude Askolovitch, qui a dénoncé l'article de SIné comme antisémite sur RTL, excite tout le monde. Les médias, toujours avides de polémiques, même vaines, sont en train de transformer Siné en une victime d'une nouvelle intolérance, et on l'entend éructer sur les ondes. Une pétition en sa défense circule sur le Net. Guy Bedos, barde du politiquement correct de gauche, s'est déclaré solidaire. On attend, à l'inverse, un texte de BHL pro-Val… Bref, un articulet sur un sujet people – la liaison entre Jean Sarkozy et la fille Darty – est en train de ressusciter une passion française.
Disons le nettement : avec l'affaire Siné, nous pataugeons dans le simulacre, voire le ridicule. Et, tant qu'il est encore possible – pour combien de temps ? – de n'être ni pro-Siné ni pro-Val, je souhaiterais expliquer pourquoi.
Juifs paranoïaques contre gauche victimaire
Le passage incriminé de Siné, comme l'a écrit ici même Anna Borrel, a d'incontestables relents antisémites. Non parce qu'il moque la conversion supposée de Jean Sarkozy au judaïsme, mais parce qu'il décrit un monde où le statut d'Arabe ferait forcément de vous un malheureux et celui de Juif forcément un homme riche et puissant. Alors que certains Arabes sont propriétaires d'hôtels sur la Côte d'Azur tandis que certains Juifs de Sarcelles sont des prolétaires ou des chômeurs.
Bien sûr, Siné se récriera contre une telle interprétation. Il dira qu'il a combattu sa vie durant tous les racismes et, plus encore, contre toutes les religions. Ses amis proclament qu'il est tout sauf antisémite.
C'est tout le paradoxe de cette affaire : Siné a sans doute tenu des propos à connotations antisémites sans être forcément lui-même antisémite, même s'il a pu, selon l'avocat William Goldnadel, avoir été condamné au début des années 1980, pour des propos tenus sur la radio Carbone 14 lors d'un procès intenté par la Licra et une association juive.
Siné comme certains intellectuels, y compris juifs dans certains cas, assimilent le fait d'être de gauche à celui d'être aux côtés des victimes. Hier victimes, les Juifs seraient devenus oppresseurs. Ils dirigent un état armé et puissant au Proche Orient. Ils occupent des positions intellectuelles, économiques ou médiatiques avantageuses en France ; l'homme de gauche du XXI° siècle devrait donc être solidaire des Palestiniens et des Arabes pour rester fidèle à l'engagement contre l'antisémtisme des années 1930. Voilà pourquoi tous se récrient, de Dieudonné à Siné, lorsqu'on les traité d'antisémites ou de judéophobes. Voilà comment Jacques-Marie Bourget de Bakchich, défend Siné : le fait d'avoir porté les valises du FLN au début des années 1960 l'aurait rendu impreméable à toute forme de racisme.
A l'opposé de cette posture de la gauche antisioniste, un certain nombre d'intellectuels, juifs ou non, qui dénoncent Siné, pensent qu'un antisémitisme de gauche a émergé en France qui serait tout aussi dangereux que l'antisémitisme de l'extrême droite. Pierre-André Taguieff a décidé de vouer sa vie à démontrer l'existence d'une filiation entre l'antisémitisme des années 1930 et celui d'aujourd'hui, qui serait habilement maquillé en anti-colonialisme ou en antisionisme. Personne ne prend le temps de lire ses livres. Du coup, les uns affirment qu'il a totalement raison sans l'avoir lu tandis que les autres le tiennent pour un homme de gauche devenu fou.
Crever la bulle «Charlie »
Les «vigilants de l'antisémitisme» ont dénoncé en 2000, l'aveuglement de la gauche qui regardait ailleurs quand des Juifs de banlieue se faisaient agresser parce qu'ils étaient juifs. C'est un autre paradoxe : sur ce coup, les Juifs paranoïaques – ils existent, j'ai l'occasion de leur parler très souvent - avaient raison. Mais depuis, les responsables politiques ont réagi, les agressions antijuives ont baissé. Il faut savoir le reconnaître… et s'en féliciter. Lorsque Philippe Val et d‘autres pensent que, à lire certains commentaires des articles consacrés à l'affaire Siné, «nous sommes en 41», il a tort et ne rend pas service aux Juifs. Ce qui ne rend pas légitime pour autant les attaques dont il est l'objet pour s'être, trop tardivement sans doute, élevé contre un dérapage inacceptable.
Telle est la ligne de crête fragile, ténue, sur laquelle nous sommes obligés de jouer les acrobates. Ni judéophiles vigilants, ni antisionistes victimaires, nous espérons simplement crever la bulle « Charlie » et passer à autre chose : il y a d'autres problèmes plus importants en France et dans le monde que les égarements d'un vieux dessinateur. Et d'ailleurs, si Philippe Val avait relu l'article de Siné avant publication, il lui aurait demandé de reformuler sa pensée. Siné l'aurait fait et nous nous serions épargné une polémique ridicule.
Pour finir sur une note plus amusante, nous souhaitons déplacer légèrement ce débat vers l'importance du politiquement correct et solliciter votre avis sur ce point. Dailymotion a exhumé un sketch de Pierre Desproges sur les Juifs. A vous de dire si ce genre de blague serait encore possible aujourd'hui...
(1) Marianne2 a, dès le 11 juillet relaté l'affaire Siné. Comme d'habitude, nos confrères de Rue89 et de Bakchichinfo, tout comme l'AFP, ont fini par relayer cette information sans citer - horresco refrens - Marianne2. Merci en revanche au Monde de respecter les usages comme nous nous efforçons de la faire nous-même en incitant nos journalistes à citer leurs confrères lorsqu'ils traitent un dossier après eux.
A lire sur le même sujet : Charlie-hebdo : fini de rire
Charlie zappe Siné
Siné viré de Charlie : antisémitisme ?
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